Du travail de nuit à un métier moderne et créatif
Pour beaucoup, le cliché du boulanger travaillant exclusivement la nuit reste tenace. Les étudiants admettent que le travail reste intense, mais remarquent en même temps que la technologie rend le métier plus humain. Les systèmes de refroidissement et de fermentation permettent désormais de réaliser une partie de la production en journée. L'automatisation prend en charge les tâches répétitives, ce qui libère davantage de temps pour ce qui les passionne réellement : la créativité, le goût et l'expérience.
À l'école, il ne s'agit donc plus uniquement de cuire du pain et des viennoiseries. Les jeunes apprennent également à connaître les matières premières et les tendances alimentaires, le développement de produits, l'hygiène, l'entrepreneuriat, le marketing, les nouveaux fours, les systèmes et équipements numériques, les applications de planification, etc. Au cours de leur formation et de leur stage, les étudiants sont de plus en plus souvent confrontés à ces innovations. Et cela transforme en profondeur le métier.
La technologie rend le travail plus efficace, plus sûr et moins pénible, mais aussi plus stimulant : il faut comprendre les interactions entre les ingrédients, et savoir comment régler, entretenir et optimiser les machines. Le savoir-faire reste donc au centre, mais il est complété par des connaissances techniques, des compétences numériques et du professionnalisme.
Une formation qui ouvre des portes
Qu'est-ce qui a le plus surpris les jeunes interrogés ? Le fait que les formations en boulangerie constituent un tremplin vers de nombreuses autres possibilités de carrière dans le secteur alimentaire. On pense notamment à des débouchés ou à des études complémentaires en pâtisserie, chocolaterie, glacerie, hôtellerie, laboratoires alimentaires, marketing, recherche et même diététique ou entrepreneuriat. Pour beaucoup, c'est l’impression que toutes les voies leur sont ouvertes, qu'ils souhaitent commencer immédiatement à travailler ou poursuivre leurs études.
Si certains sont attirés par la passion du pur artisanat, d'autres sont séduits par l'aspect innovation et durabilité de la formation. L'enquête révèle également un sentiment ambivalent : les jeunes associent souvent la formation en boulangerie à l'image traditionnelle de l'artisanat, et c'est précisément cette image restrictive qui conduit une partie d'entre eux à sous-estimer le secteur ou à le juger peu attrayant. Dans le même temps, les étudiants apprécient le fait que la formation leur apporte des compétences et des possibilités utiles dans l'ensemble du secteur alimentaire.
L'expérience pratique reste indispensable
Les stages constituent, pour les étudiants, le moment où toutes les pièces du puzzle s'assemblent. Ils y apprennent le rythme de travail, comment interagir avec les clients, comment planifier la production et comment travailler en équipe.
Mais ils indiquent également que les stages sont encore trop souvent proposés exclusivement dans de petites boulangeries ou des boulangeries locales, alors que le secteur est bien plus vaste que ce que reflète un stage traditionnel. Les grandes entreprises, la production automatisée, l'innovation produit et le marketing sont des aspects du monde de la boulangerie qu'ils souhaitent découvrir plus souvent. Les jeunes souhaitent davantage de visites d'entreprises et de stages variés afin de se faire une idée complète et inspirante du secteur. Les enseignants sont également favorables à une collaboration plus étroite entre les établissements d'enseignement et le secteur lui-même, afin que leurs étudiants puissent tirer pleinement parti de toutes les opportunités.
Les réseaux sociaux, levier pour l'avenir
Les jeunes interrogés voient davantage de possibilités pour le secteur sur les réseaux sociaux et plaident pour plus de transparence sur le processus, les défis et la diversité au sein de la profession. Ce qu'ils voient en ligne influence leur perception du métier. Ils suivent des boulangers sur Instagram, TikTok et YouTube et sont particulièrement enthousiasmés par les vidéos « en coulisses », les créations artistiques ou les expériences gustatives, ainsi que les récits sur les ingrédients locaux et durables.
Selon les étudiants interrogés, il y a là une opportunité : si le secteur se met mieux en valeur, davantage de jeunes et de parents comprendront à quel point le métier est polyvalent aujourd'hui. Les réseaux sociaux peuvent aider à valoriser le savoir-faire créatif et la touche technologique qui caractérisent actuellement le monde de la boulangerie.
Conclusion : un secteur en pleine mutation
Le métier de boulanger reste un métier de passion, comme en témoignent l’ensemble des élèves et enseignants qui ont répondu aux questions. Mais la passion ne suffit plus à le décrire : grâce aux techniques modernes et à l'innovation, le métier est aujourd'hui plus polyvalent que jamais. Et c'est précisément ce qui rend ce métier si attrayant pour les jeunes qui veulent travailler avec leurs mains et leur tête, qui sont fiers de ce qu'ils créent et qui rêvent d'un avenir où le goût, la créativité et la technique se rejoignent.


